Qu’est-ce que la CBG ?
CBG : le cannabinoïde parent
Le cannabigérol, connu sous le nom de CBG, est un phytocannabinoïde non psychoactif présent dans la plante de cannabis. Il a été identifié dans les années 1960 par le chercheur Raphael Mechoulam, mais il est passé inaperçu pendant des années en raison de l’attention plus grande accordée à d’autres composés tels que le THC et le CBD, ainsi que de sa faible concentration dans la plante. Au niveau biochimique, le CBG est le précurseur direct des cannabinoïdes les plus connus : le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD) sont tous deux dérivés de leur forme acide, l’acide cannabigérolique (CBGA).
Comment se forme-t-il et pourquoi est-il si rare dans les plantes ?
Le processus de conversion du CBGA en d’autres cannabinoïdes est médié par des enzymes spécifiques qui agissent au cours du développement de la plante. Ces enzymes transforment progressivement le CBGA en THCA, CBDA ou CBCA, des composés acides qui peuvent ensuite être convertis en leurs formes neutres (THC, CBD, CBC) par des processus tels que le chauffage ou le vieillissement naturel. Seule une petite partie de la CBGA échappe à cette transformation, ce qui explique pourquoi la CBG est présente en si faible quantité.
Ce phénomène a fait de la CBG une molécule rare et précieuse pendant de nombreuses années. La disponibilité limitée de la CBG pose non seulement des défis techniques pour son obtention, mais accroît également son intérêt scientifique en tant que cannabinoïde au potentiel thérapeutique encore largement inexploré.
Progrès en matière de culture et d’extraction
Face à la difficulté d’obtenir du CBG en quantités pertinentes, les chercheurs et les cultivateurs ont cherché des alternatives pour augmenter sa présence dans les plantes. En 2019, des scientifiques de l’Université polytechnique de Valence ont réussi à développer des souches de cannabis qui produisent des niveaux élevés de CBG, supérieurs à 15 %, en bloquant partiellement les voies enzymatiques qui le transforment normalement en d’autres cannabinoïdes.
Cette percée a été réalisée sans recourir au génie génétique, mais par des croisements sélectifs et des techniques de sélection végétale. Le résultat a été la création de souches qui conservent des niveaux élevés de CBGA pendant la maturation, ce qui facilite une extraction plus efficace et économiquement viable. Grâce à ces améliorations, la CBG est passée du statut de rareté à celui de composé accessible à la recherche et au développement de produits ciblés.
Comment la CBG est-elle utilisée ?
Présentations les plus courantes
Actuellement, les formes les plus courantes de CBD sont les huiles, les teintures, les gélules ou les extraits concentrés. Il existe également des présentations à usage externe, telles que des crèmes, des baumes ou des pommades, conçues pour être appliquées sur la peau.
Chaque format a ses avantages. Par exemple, une huile peut être plus utile si vous recherchez un effet général sur le corps, tandis qu’une crème peut être utilisée pour apaiser des zones spécifiques. Il est important de se rappeler que la législation sur l’utilisation du CBG et d’autres cannabinoïdes peut varier d’une juridiction à l’autre. Par exemple, bien que nous parlions ici de l’utilisation orale et sublinguale, ces utilisations ne sont pas légalement autorisées en Espagne. Vérifiez la législation de votre pays ou région avant d’utiliser la CBG ou tout autre cannabinoïde.
Orale ou topique : différences essentielles
La CBG peut être utilisée par voie orale ou appliquée sur la peau, et chaque option présente des caractéristiques particulières. Lorsqu’elle est consommée par voie orale, elle passe d’abord par le système digestif et le foie, ce qui peut réduire la quantité qui atteint finalement la circulation sanguine. Malgré cela, il est utile lorsqu’un effet plus large ou prolongé est recherché.
L’application topique, quant à elle, agit directement sur la zone souhaitée, sans passer par le système digestif. Elle est donc idéale en cas d’inconfort localisé, comme les douleurs musculaires ou les traitements cutanés. Le choix entre les deux dépend de l’usage que vous souhaitez en faire et du résultat que vous attendez.
Combinaisons avec le CBD et d’autres cannabinoïdes : effet d’entourage
Dans de nombreux produits, le CBG n’apparaît pas seul. Il est généralement associé à d’autres cannabinoïdes, tels que le CBD, pour tirer parti de ce que l’on appelle « l’effet d’entourage ». Selon cette théorie, les composés du cannabis peuvent renforcer leurs effets lorsqu’ils agissent ensemble plutôt que séparément.
Outre d’autres cannabinoïdes, la CBG est souvent mélangée à des ingrédients naturels tels que des huiles essentielles, des extraits de plantes ou des vitamines. Ces combinaisons visent à adapter le produit à différents objectifs, tels que le soulagement du stress, le soutien au repos ou le traitement des maladies chroniques.
Comment la CBG est-elle obtenue ?
De la plante au composé actif : la décarboxylation
Le CBG ne se trouve pas dans la plante « prête à l’emploi ». Ce qu’on y trouve, c’est sa version acide, connue sous le nom de CBGA. Pour que ce composé soit activé et utilisé par l’organisme, il doit passer par un processus appelé décarboxylation. Bien que le nom semble complexe, l’idée est simple : sous l’effet de la chaleur, le CBGA se transforme en CBG. Ce changement peut se produire naturellement au fil du temps, mais dans la plupart des cas, il est préférable d’utiliser la chaleur de manière contrôlée pendant l’extraction pour s’assurer que le processus est complet et efficace.
Il est essentiel que cette étape se déroule correctement. Si la température n’est pas assez élevée, une partie du CBG peut rester inactivée ; si elle est trop élevée, le composé peut se dégrader. Trouver le bon équilibre est donc essentiel pour obtenir un produit de bonne qualité.
Défis de l’extraction et coûts du processus
L’un des principaux obstacles à l’obtention de CBG est sa faible présence dans la plupart des variétés de cannabis. Comme il est présent en très petites quantités, il faut traiter de grands volumes de plantes pour en obtenir une quantité significative. Cela renchérit évidemment l’ensemble du processus. En outre, sa séparation des autres composants nécessite des techniques précises, telles que la chromatographie, qui requièrent un équipement spécialisé et des conditions contrôlées.
Pendant longtemps, cette situation a fortement limité la disponibilité de la CBG. Cependant, le développement de nouvelles variétés de cannabis spécialement sélectionnées pour produire plus de CBG a commencé à changer la donne. Grâce à ces progrès, il est désormais plus facile et plus rentable d’accéder à ce cannabinoïde.
Quelles sont les propriétés de la CBG selon la science ?
La disponibilité accrue de la CBG a permis aux scientifiques de concentrer leurs études sur son potentiel unique par rapport aux autres cannabinoïdes. Voici quelques-unes de ces conclusions, provenant principalement d’études et d’analyses d’études réalisées par Li et al. en 2024 et Calapai et al. en 2022.
La capacité de la CBG à moduler l’inflammation a été l’un des aspects les plus étudiés ces dernières années. Dans des modèles animaux de maladies inflammatoires, comme la colite, il a été observé que la CBG peut réduire l’inflammation intestinale, diminuer l’activité des enzymes pro-inflammatoires et équilibrer la production de cytokines, des molécules impliquées dans les processus inflammatoires.
Ces effets suggèrent que la CBG pourrait avoir des applications dans des conditions où l’inflammation chronique joue un rôle clé. Bien que les résultats soient préliminaires, ils constituent une base solide pour la poursuite des recherches sur son utilisation dans de telles conditions.
Le stress oxydatif est un processus lié au vieillissement cellulaire et à diverses maladies chroniques. La CBG a montré une capacité intéressante à le combattre en agissant comme antioxydant. Des études au niveau cellulaire ont montré qu’elle peut réduire la production de radicaux libres et augmenter l’activité des enzymes qui retardent le vieillissement. Grâce à ces propriétés, la CBG a été proposée comme un allié possible dans le traitement des maladies liées aux dommages oxydatifs, telles que les affections neurologiques ou même cardiovasculaires, mais elle pourrait également avoir un grand potentiel dans le domaine des cosmétiques et des soins personnels.
Le soulagement de la douleur est un autre avantage potentiel de la CBG qui a suscité l’intérêt de la communauté scientifique. Des études sur des modèles animaux ont montré que son administration peut réduire la perception de la douleur dans certains contextes. En outre, on a constaté qu’elle avait des effets sur l’andamide, une molécule qui influence la régulation de la douleur, de l’anxiété et de l’appétit. Ces résultats placent la CBG comme un adjuvant potentiel dans la gestion de la douleur, en particulier chez les personnes qui recherchent des alternatives naturelles aux analgésiques conventionnels.
L’augmentation de la résistance aux antibiotiques a conduit à la recherche de nouveaux agents antimicrobiens. Dans ce contexte, le CBG a montré une activité intéressante contre les bactéries résistantes telles que le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (MRSA). Des études indiquent que son action peut être due à l’altération de la membrane bactérienne, affaiblissant la structure cellulaire du micro-organisme.
Ces résultats ont suscité des attentes quant à son utilisation potentielle dans des produits désinfectants, des crèmes antibactériennes ou des traitements d’appoint dans des infections difficiles à traiter. Toutefois, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer son efficacité et son innocuité en milieu clinique.
La peau pourrait également bénéficier de l’utilisation de la CBG. Des recherches sur des lignées cellulaires ont montré que la CBG régule les gènes impliqués dans la prolifération et la différenciation des kératinocytes, cellules essentielles à la régénération de l’épiderme. Ces effets peuvent être médiés par des changements épigénétiques dans l’expression des gènes.
De plus, il a été observé que la CBG peut réduire l’inflammation dans les cellules de la peau et diminuer la production de sébum, deux facteurs clés dans le développement de l’acné. Ces propriétés, ainsi que son action antioxydante potentielle, font de la CBG un candidat intéressant à inclure dans les produits cosmétiques et dermatologiques pour des affections telles que le psoriasis, l’acné et le vieillissement de la peau.
La CBG a fait l’objet de plusieurs études explorant son potentiel dans des domaines plus spécifiques, mais tout aussi prometteurs. Dans le domaine neurologique, par exemple, on a observé des effets qui pourraient être considérés comme protecteurs pour le système nerveux. Certaines études en laboratoire et sur des modèles animaux suggèrent que ce cannabinoïde pourrait contribuer à protéger les neurones contre les dommages causés par des processus inflammatoires ou oxydatifs, avec un potentiel d’applications cliniques contrôlées même dans des maladies neurodégénératives complexes (Granja et al., 2012).
Mais son champ d’action ne s’arrête pas là. La CBG a également été étudiée dans le cadre de maladies telles que le cancer colorectal et le glioblastome. Bien qu’il s’agisse encore de recherches préliminaires, il a été démontré qu’elle peut ralentir la croissance des cellules tumorales. D’autres études précliniques montrent qu’il peut réduire la pression intraoculaire, ce qui en fait un candidat pour le traitement du glaucome, et il a également été suggéré qu’il pourrait jouer un rôle intéressant dans certains troubles urinaires en réduisant la contraction de la vessie lors d’expériences sur des tissus isolés.
Bien que nombre de ces résultats soient issus des premières étapes de la recherche, ils vont tous dans le même sens : le CBG est un composé aux effets biologiques très variés, dont la polyvalence continue de susciter l’intérêt de la communauté scientifique.
Conclusion : l’avenir prometteur de la CBG
Bien que la recherche en soit encore à un stade relativement précoce, le CBG apparaît comme un cannabinoïde d’un grand intérêt thérapeutique. Ses propriétés observées dans des modèles précliniques et la disponibilité croissante de souches riches en CBG ouvrent de nouvelles possibilités d’étude et d’application.
Avec un large éventail d’effets allant de l’anti-inflammatoire au neuroprotecteur, le CBG gagne en importance dans le monde de la science du cannabis. Au fur et à mesure que les preuves cliniques s’étoffent et que des produits plus accessibles sont développés, ce cannabinoïde pourrait s’imposer comme une alternative précieuse dans le répertoire des cannabinoïdes utilisés pour le bien-être.
David Vázquez
Responsable du secteur CBD du commerce électronique depuis plus de 10 ans
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